Et hop ! Au Père Lachaise

Depuis des mois, même bien avant de quitter mon boulot, je me disais « samedi prochain, dimanche prochain, je vais au Père Lachaise. » Je répétais, je répétais et puis rien. La tombe de ma grand-mère s’y trouve. Enfin c’est plutôt elle qui s’y trouve entourée de ses parents si ma mémoire est bonne. Mais je ne ferai croire à personne que le Père Lachaise m’attirait par devoir familial…. Des hectares de verdure en plein Paris, des personnages célèbres, l’odeur des feuilles mortes, les promeneurs, les touristes, les familles légitimes des défunts me faisaient envieimg_2513

Cet après-midi après une légère sieste, j’ai enfilé mon blouson en cuir, mis mon sac sur mon dos et mon petit Lumix sur l’épaule et en route. Rue de la Roquette, tout droit jusqu’en haut, impossible de louper l’entrée principale de l’un des lieux les plus visités de la planète.

S’il vous plaît Monsieur comment retrouver la tombe de sa famille ?  Le batiment en haut de l’allée à droite. Evitant soigneusement l’allée trop fréquentée, je me glisse entre les pierres et les croix jusqu’au bureau de renseignement.« Bonjour Monsieur, je cherche la tombe de ma grand-mère. Son nom ? Vaillant… Vous l’écrivez comment ? Je ne trouve pas. Son prénom : Annette… Je ne trouve pas. Essayez avec Natanson…. Désolé mais je ne trouve pas. » Mamoune aux enterrés absents…. impossible de me rappeler l’endroit. Au hasard, Balthazar.

Au hasard justement, un attroupement que je contourne pour comprendre qui créé ce buzz. Jean de La Fontaine rien de moins. Selfie pas mort, elles, ils se prennent devant l’épitaphe de l’auteur des Animaux malades de la peste…. Je poursuis ma visite le plus loin possible des groupes. Ici une famille arrange la tombe d’une jeune avocate morte en 2014, les larmes sincères, pas d’appareil photo ni de portable ridicule.

Quelques marches et je croise un chat roux au collier rouge. L’endroit me fascine comme lorsqu’enfant je m’imaginais faire une cabane dans l’une des « petites maisons famille X ». Toutes les tombes ne reçoivent pas la même attention. Couvertes de mousse et de feuilles, certaines sont « illisibles », celle de ma grand-mère en est peut-être !

Tout seul au détour d’une volée de marche, Franck Alamo, Biche ma biche comme un murmure… Plus haut Michel Boujut…. Et le générique de Cinéma, cinémas me revient en tête. Au coin d’une allée Gilbert Bécaud, Sophie Daumier, Marie Trintignant et Daniel Toscan du Plantier dorment côte à côte. Mes voisins cherchent Edith Piaf et me signalent qu’Oscar Wilde est pris d’assaut malgré les vitres en plastique. Je ne cherche même pas Jim Morrison. A la recherche de la tombe perdue de Mamoune, je tombe sur celle un peu seule de Marcel Proust. Quelques minutes avant j’ai failli rater la modeste dernière demeure de Montand et Signoret. Plus bas Honoré de Balzac et Madame Hanska ne font pas recette, la comédie humaine préfère les défunts plus scandaleux.

J’essaye de me perdre un peu plus mais j’entends des sifflets… le soleil commence à se coucher. C’est l’heure de quitter ce jardin aux millions d’histoires…. je descends lentement les allées désertes. J’hésite un peu tourner à gauche … Une camionnette de la Ville de Paris s’approche. Le conducteur me sourit et baisse sa vitre. Sans doute va-t-il me conseiller de tourner à droite…. Bonsoir Madame ! C’est bien vous Catherine Lara ? J’aimerais tellement lui faire plaisir… Oui c’est moi… Une célébrité les pieds sur terre plutôt que six pieds plus bas…. Je suis flattée mais malgré ma crinière blanche, mes lunettes fumées et mon perfecto, j’ai oublié mon violon…. C’est promis je laisse encore pousser mes cheveux et je reviens vite.

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Les soldes ou la Gay Pride ?

Deuxième samedi et déjà deuxième démarque…. Tentant non ? Non, moi tout ce dont j’avais besoin c’était d’un réveil. Après une nuit difficile sur laquelle je m’étendrai brièvement : grosse fête organisée par une boîte de relations presse dans l’immeuble voisin. Des enceintes grosses comme des camions de déménagement sur une terrasse et des centaines d’invités avinés.  Bref loin de la douce nuit, sainte nuit…. Alors un réveil s’imposait.

Après une sieste pas volée. J’attrape mon appareil photo, le tout petit Pana avec le 35mm, mon tout petit sac à dos et avec mon mari (pas tout petit) sous le bras, nous partons vers la rue Saint Paul. Gay Pride oblige, pas une voiture à l’horizon à part quelques fourgons de la police. Place de la Bastille, les pavés vibrent déjà au rythme de la musique…. encore épars, des garçons, des filles, des familles, des vieux, des gamins s’interpellent, dansent, s’asseyent par terre. Les habituels marchands proposent les produits dérivés du drapeau de Gilbert Baker…. les plus grands peuvent faire poncho en cas d’ondée…

Une heure plus tard, je reviens de Saint Paul un joli réveil Jaz trouvé chez un broc et deux sauces barbecue (pourquoi deux ?) achetées chez  chez Thanksgiving…. et finalement je reste à la Bastille où tous les « marcheurs des fiertés » sont enfin arrivés. Les pavés vibrent plus fort. Je me faufile et je fais des photos : des garçons, des filles, des gamines, des gamins, des trans, un monde fou et joyeux…. on danse, on crie, on lève le poing. L’ambiance est « bon enfant » comme nous le disait soulagé un policier à l’un des barrages. C’est vrai que ça le change des manifs’ anti loi travail.

Tout le monde se parle. Je me glisse entre les groupes et les couples. Du verre cassé, des canettes écrasées…. heureusement j’ai des Bensimon pas des Louboutin. On me demande si je suis journaliste… c’est flatteur mais non. Et ma photo, tu vas en faire quoi ? Si tu les mets sur Facebook pas de face s’il te plaît. Promis. Tu me les montres ? Wouah, elles sont chouettes ! La pluie nous tombe brutalement dessus. Deux jolies blondes m’accueillent sous leur parapluie. Les nuages dégagent, je remercie mes hôtesses pour leur hospitalité et continue mon « safari »…. Jusqu’à ce qu’un vilain petit symbole m’oblige à quitter la fête : no battery. Je ne vais tout de même pas finir la soirée avec un Iphone !

En les remerciant infiniment pour leur gentillesse et leur humour, je publie une poignée de photos discrètes. Merci à vous et j’espère à l’année prochaine, rendez-vous en bas de la maison.

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Majority report… Jeanne 18 ans déjà

En haut de mon écran un petit rappel….IMG_4134comme si je pouvais oublier ce mardi matin où tu es venue au monde.

Il est 8 heures 40 à la Clinique du Belvédère quand tu pousse ton premier cri. Déjà la nuit précédente, tu manifestes des signes d’impatience. J’appelle la clinique prenez un bon bain et vous verrez ça calmera les contractions. Par peur de déranger, j’obtempère et me rendors effectivement… C’est bête, ça roule mieux la nuit. Faire Ecole Militaire jusqu’à Boulogne à 7 heures et demi du matin… ce n’était pas la même chanson, ni la même circulation.

Arrivée à la Clinique, on me propose de patienter (encore) dans le salon. Je ne crois pas, j’ai vraiment très mal. Je pense que mon bébé va arriver d’une minute à l’autre. Auscultation rapide le col est trop dilaté, pas de péridurale. Chouette ! Quelques longues minutes plus tard, tu jaillis. Après presque neuf mois au chaud, tu prends ta liberté et je me sens toute vide, le Docteur R lui très content. Je vous l’avais dit pendant l’échographie, elle ressemble à son papa…. Il est où son papa ? Pas bien loin bien sûr.

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C’est vrai que de profil, tu lui ressembles déjà. Ca nous avait fait rire tous les trois et c’est aussi comme ça que j’ai su que Marianne aurait une petite soeur. Marianne qui a choisi ton prénom : Jeanne. Comme la petite fille dans Mary Poppins…

Je me suis toujours demandé si les bébés criaient furieux de sortir ou soulagés. Je me pose une autre question aujourd’hui. Qu’est-ce que ça te fait d’avoir 18 ans. Enfin ou déjà ?

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A la maison dans les bras de ton papa

18 ans ou 3 minutes, pour moi ça ne change rien. Toute ta vie et toute la mienne, je t’aimerai. Ca ne se commande pas. Mais quand ton papa te propose gentiment de t’inviter au restaurant pour célébrer cette date imporante, ne réponds pas NON.

Ah non c’est un peu court jeune fille ! On pouvait dire… Oh Dieu, bien des choses en somme. En variant le ton par exemple, tenez. Agressif : Non mais tu rêves ! Amical : et si on trouvait une trêve. Et tout simplement affectueux : Merci Papa mais je pensais plutôt profiter de votre absence pour organiser une petite fête avec mes congénères.

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Monsieur Lapin veille déjà sur toi

Bref, je n’oublierai jamais ce beau matin d’Août où j’ai refusé qu’on m’installe la télé dans la chambre 21B mon bébé m’apporte plus de distractions que le journal de 20 heures. 

J’ai passé huit jours délicieux dans ma belle chambre, lit en cuivre, avec vue sur le parc. Un défilé incessant d’amis apportant bouquets, jouets, petizabits, bouteilles et vivres que nous dégustions dans le jardin. Je t’abandonnais le temps de ces agapes à la nurserie. Dès le lendemain, le Docteur R bien informé, venait rire avec moi de mes « pique-niques ». Je me souviens de Françoise venue avec un panier garni de luxe : foie gras, pain, sauternes….

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Dans les bras de ta grande soeur

Que de bons souvenirs, les amis, la famille… Ton papa un peu occupé et accaparé par Guillaume Durand qui démarrait la saison de Nulle Part Ailleurs et réclamait sa présence constamment. Ton pauvre papa qui devait argumenter avec la police omniprésente dans le quartier pour cause de matchs de foot au Parc des Princes voisin. Marianne un peu déboussolée avec ce petit bébé, à peine plus grand qu’une poupée Corolle et une maman pas très disponible… moins gentille qu’avant.

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Jeanne toute petite sur mon lit en cuivre

Voilà Jeanne. Le jour de ta naissance était un beau jour que je n’oublierai jamais.

18 ans et toute la vie devant toi…. et qui sait, pour ton anniversaire, ta carte d’identité arrivera d’Islande (sur le dos d’un renne).

A partir d’aujourd’hui tu es majeure à vie, alors prends en soin de cette vie qui commence et sois heureuse !

Petit rappel en images, comme on dit au JT…

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Jeanne et Monsieur Lapin

Un de tes 17 anniversaires

Un de tes 17 anniversaires

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Les pommes de Jeanne

Voilà…. tout ça pour te dire, une bonne fois pour toutes, que JE T’AIME. Une carte d’anniversaire en somme…. puisque, j’en suis certaine, ton mur sur FB sera couvert de happy birthday.  Bon anniversaire mon poussin.

Auto 1 NBEn fait cet article aurait dû être publié à 8H40 précises mais j’ai dû me planter quelque part. Et malheureusement pendant ce temps, ta carte d’identité n’est toujours pas arrivée d’Islande.

Ici et maintenant

Mars 2015, Mars 2017… Putain deux ans… que ma vie sociale a pris un gros coup dans la gueule. Apnée, asphyxie, vide, silence, grand moment de solitude….  les vacances éternelles ne m’ont finalement pas donné bonne mine. Ca y est tu recommences à geindre, à t’apitoyer sur ton sort. La pauvre petite chose qui vit mal les mains dans les poches…. Quand tu bosses, tu n’as pas le temps de te voir vieillir. Vous je ne sais pas mais moi, je courais partout, les bras chargés de dossiers, cassettes, sacs de courses…. La gym à l’heure du déjeuner, les transports en commun des commuters, le bureau…. il y a deux ans et des poussières, je me voyais bien sans.

Fatiguée, déprimée par les sempiternelles petites saloperies et l’indifférence à peine dissimulée de mes « chers » collègues, je positivais en volant le portrait de mes voisins de RER, de bus ou de métro. Un cours de « body combat », un jab de trop, une bonne douche  et me voilà dans le bureau de la CFTC. A quoi ça tient une carrière ? La goutte d’eau, la larme de trop, le mot de travers, le silence, les bonjours marmonnés, les au-revoir oubliés…. l’orgueil m’a tuer.IMG_3135

Mais ça c’était avant…. Ce pathétique « prologue » date de quelques semaines et je ne le renie pas.  Le passage de la vie dite « active » à la vie tout court, ne se fait pas tout seul et parfois je me laisse aller à un certain cafard de confort plutôt désagréable.

Je veux être utile à vivre et à chanter…. utile, le nerf de la guerre. L’adjectif que je croyais avoir perdu. Mais non, grâce à Marianne ma délicieuse tête en l’air, j’ai repris goût à l’effort. Comme c’est facile ! Marianne oublie il y a quelques nuits, son portable sur le siège d’un Uber. Compliqué la vie sans fil. Hier soir, via messenger, je lui propose (sans réfléchir) d’aller récupérer l’indispensable prothèse. Mail d’Uber avec référence…. Parano oblige, je m’envoie par mail photocopie de son passeport et du livret de famille.images

Ce matin j’échange une heure et quart de yoga contre un voyage en métro. Direction rue de Cambrai, ligne 5 jusqu’à Stalingrad, la 7 vers Corentin Cariou. J’ai une mission et en  bon petit soldat de l’armée maternelle, je fonce…. m’égare dans de beaux bâtiments. Uber, deuxième étage. Locaux bois et acier. Je renifle un peu,  la charmante hôtesse me tend un mouchoir et me propose un café…. Enregistrement de ma requête sur tablette. Dix minutes plus tard je repars avec l’objet. Fière de moi. Utile.

Retour à la case départ, détour par Super U, deuxième changement de ligne la 8 jusqu’à Faidherbe Chaligny, crème de cassis oblige. Il tombe des cordes. Abribus du 86, passe une adorable Fiat 500…. « c’est un petit scarabée  m’informe le passager en voyant mon regard envieux.. On vous emmènerait bien mais il n’y a que deux places ! » Dommage !

Un petit jus de fruit pour les travailleurs, deux tomates et du thon…. déjeuner sur le pouce. Le Majestic Bastille donne « Orpheline ». J’ai démarré la semaine avec « Sage femme », des naissances et des enfances différentes et émouvantes.

IMG_321918 heures 30. Il y a deux ans à la même heure je descendais du taxi qui m’amenait de Boulogne pour la dernière fois. Promis juré, c’est la dernière fois que je fais le coup de la « commémoration ». Plus d’anniversaire du « jour où », j’arrête les auto flagellations.

En 1992 déjà, quand j’attendais Marianne (bien avant l’ère des téléphones portables !!!) ma sage-femme Béatrice Hachette m’invitait à vivre « ici et maintenant » …

Comme la lune fidèle à n’importe quel quartier
Je veux être utile à ceux qui m’ont aimé

À ceux qui m’aimeront
Et à ceux qui m’aimaient
Je veux être utile
À vivre et à chanter

Malade… c’est pas une raison !

Je ne sais pas si ma rate se dilate ou si mon foie n’est pas droit… Mais je suis malade. Pas beaucoup, un tout petit peu… un petit peu qui me cloue, ou presque, au lit.

Il y a deux ans je me souviens d’une nuit agitée à cause d’un velouté de lentilles gentiment fermenté… Une nuit de jeudi à vendredi, je m’en souviens parce que le lendemain j’avais « plateaux ». Claire me voyant un peu palote me demande Ca va Marie ?  Non ma petite Claire, j’ai été malade cette nuit. Mais tu aurais dû rester au lit…. Oui, mais qui se serait occupé de tes plateaux ?…. Pascal P…. me répond-elle taquine. Nous nous sommes regardées quelques secondes avant de rire un bon coup. Je suis trop bien payé pour ça avait déclaré un jour de grande sincérité Monsieur P. Donc ce vendredi matin j’avais pris la ligne 5, le RER C jusqu’à Issy Val de Seine et le 189. Ensuite comme tous les vendredis j’ai sorti mon petit matos d’enregistrement, les textes (déjà envoyés par mail), les photos des plateaux enregistrés la semaine précédente, la cassette, etc… comme d’habitude.

A l’heure du déjeuner, j’ai foncé à la gym à midi, comme d’habidude. Un petit détour par la cantine avec mes potes vers 14 heures, une petite tisane dans le patio…. comme d’habitude et vers 16 heures j’ai retrouvé mes autres potes de la régie et ensemble on a attendu comme tous les vendredi que Claire arrive. Ce vendredi peut-être a-t-on enregistré la météo avant, j’ai oublié. Ce vendredi là après une nuit agitée, j’étais repartie au combat sans me prendre le pouls. Mais ça c’était le temps où je me sentais irremplaçable… naïve.

Cette nuit j’étais patraque. Pas de velouté de lentilles cette fois ci… Contrariété, mal de vivre… Je m’en fous mais j’ai passé un bon moment avec mes amis Imodium et bouillotte. Dans la série des mauvaises nouvelles, ma fidèle bouillotte rose layette en caoutchouc Made in France, m’a lachée après 30 ans d’intimité.unknown

Réveillée vers 4 heures et demie… Je me refais une bouillotte. Je ne prépare pas mes affaires de yoga. Je ne sors pas de vêtements. Je m’enfonce à peine volupteusement sous la couette. Je ne regarde pas l’heure. Je somnole. Je me réveille un peu. Pas envie de me lever. Pas envie de m’habiller. Je m’en fous. Si tu t’en foutais, tu n’en ferais pas toute une tartine   ! Je me lève décidée à passer la journée en pyjama… mais non faut quand même pas charrier !

Les trois kilos de pomme de terre épluchées la veille (heureusement !) me font de l’oeil. Le poulet hâché et l’émincé de canard n’attendent qu’un mot pour sauter dans la sauteuse. Allez ! D’accord. Dix heures, je m’attaque au hachis parmentier.

Ca ne me fait pas envie. Tu n’as qu’à te forcer un peu ! Un bouillon Kub unknownpour le déjeuner avec une poignée de pâtes à potage. Une petite sieste avec ma bouillotte. Quelle chochotte, tu t’écouterais pas un peu trop non ? Si, mais non. Je culpabilise surtout quand je compare ma vie d’avant : zéro arrêt maladie sur des dizaines d’années…. A part les arrêts bébé… Et là un petit noeud à l’estomac, une crise de foie et au lit !  Je ne te reconnais plus.

Quand j’étais petite, ma mère martelait c’est psychosomatique.  Je ne comprenais pas ce que ça voulait dire mais je retournais en classe fissa….

Six heures du soir. Les financiers refroidissent, ma bouillotte aussi. Demain, Mété France annonce frais mais ensoleillé. Demain je sors de ma réserve …. ou j’appelle les Urgences !

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Time capsule… what else ?

Mardi dernier, je trouve à mon retour de la salle de sports, un avis de passage du facteur dans la boîte aux lettres. Jaune comme d’habitude, le papier provoque une pleïade de questions. Recommandé, paquet surprise pour mon anniversaire, dossier…. Je lis « courrier volumineux ». Destinataire absent. Pas de boîte normalisée !!!!! Donc, pas de bol.

J’aurais pu récupérer mon pli trop gros rue de la Chine dans le 20ème mais le facteur a barré la mention. En revanche,  je pourrai me présenter au Franprix de la rue de la Roquette demain…. enfin sur l’autocollant précisant l’adresse, je lis « après-demain », après-demain quand ?

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Jeudi matin en sortant de la salle de sport, mon sac sur le dos, je me précipite rue de la Roquette « comme ça ça sera fait. » Devant moi, une dame souriante, son papier jaune à la main. La caissière du Franprix cherche le pli de la dame, dans un tiroir, dans un bac en plastique…. je n’ai pas votre courrier, je vais aller voir dans la réserve’. « C’est la troisième fois que je viens… c’est n’importe quoi cette annexe de la Poste à la caisse d’un Franprix ».  Je suis bien d’accord et lui suggère de faire une réclamation sur internet. Dix minutes plus tard je pense que votre courrier n’est toujours pas arrivé. Patiente et pas contente, la dame repart pour la troisième fois les mains vides.

IMG_0360Je présente à mon tour le papier jaune. Vous avez une référence ? Ben oui idiote, regarde sur le côté près du code-barre. Ca non, ce n’est pas la référence. Il va falloir que je cherche. Charmante ! Très tentée de faire un copié-collé, je vous la fais courte…. au bout d’un bon quart d’heure à admirer les têtes de gondoles du Franprix, je sors de ma réserve quand la caissière sort de la sienne les mains vides Il va falloir que vous reveniez. Votre pli n’est pas encore arrivé. C’est trop tôt. Vous savez la Poste c’est n’importe quoi. Nous on est que des prestataires. Vous pouvez aller vous plaindre à la poste rue Bréguet si vous n’êtes pas contente ! blablabla….  Cause toujours tu m’intéresses, à peine rentrée à la maison, même pas douchée, je compose le 3631 service réclamation. Vous avez un numéro sur le bordereau jaune ?  Justement celui que Franprix a refusé, collé au code-barre plaît beaucoup à la conseillère qui me promet « un retour » rapide.

capture-decran-2017-01-17-a-18-20-11Un mail dès le lendemain me prouve qu’il n’y a pas que Ducros qui se décarcasse. Aujourd’hui, un message de la poste du 11ème m’annonce qu’un paquet m’attend sous la référence S274, au bureau de poste de la rue Faidherbe ! La conseillère m’explique que le paquet était trop volumineux pour ma boîte. Mais de quoi s’agit-il ? De capsules de Nescafé ! Bizarre.

Direction la poste. Présentation du bordereau jaune. Succès immédiat. Du 33 rue Faidherbe au 33 rue du Faubourg, je rapporte un petit carton rectangulaire expédié par Nespresso (Nescafé et puis quoi encore ?) What else ? Raleuse un jour, raleuse toujours. Je teste le paquet trop gros dans ma « boîte aux lettres soi disant pas normalisée » ….

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Morale de l’histoire, Nespresso ma non troppo. Même si je suis membre du club depuis 2014 (c’est écrit sur la boîte.. Si, si) Même si les capsules me rappellent encore un peu trop mes petits cafés matinaux avant le RER… Même si j’ai échangé le Giorni, le Stormio ou le Voltesso contre des sachets de Clipper Detox depuis que je ne prends plus le RER… Merci quand même pour les Caramelito, George, et Happy new year !

 

 

 

Bon anniversaire moi-même !

Je ne serai pas longue (pardon Christine). Mes filles m’inspirent beaucoup plus lorsqu’elles sautent à pieds joints dans une nouvelle année. Alors je ne vous ferai pas le coup de la nostalgie ou de la tendresse maternelle…. Aujourd’hui, c’est moi qui saute.

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Parfois ça me fout les j’tons, parfois je me dis que j’ai de la chance à chaque anniversaire. De la chance d’être là. Rien de mortifère là-dedans, vraiment, mais souvent je pense à ceux et celles avec qui j’aurais bien aimé continué à boire des verres en terrasse, téléphoner, partager des moments….

Aujourd’hui, je fête ma nouvelle année. Il y a la fête collective le 31 décembre et la perso, la mienne à moi toute seule (je ne connais personne né (e) le 16 janvier). Sans jumeau ou jumelle, je m’approprie sans honte cette célébration. Pas de bougies car pas de gâteau. Des photos « volées » par les filles à Trouville un jour de canicule, me montrent en maillot….. Merci mais non. Non au chocolat au lait tellement bon « Le carré suisse »…. fondant et onctueux. Crème de cassis coupée en deux (ça fait mal après des années de concubinage notoire avec la sublime liqueur de Dijon).

Pas rigolo, rigolo, comme cadeau d’anniversaire me direz-vous. Mais si, rien de grave, une petite crise de conscience ou prise…. une résolution de début d’année…. à prendre au sérieux ou pas. Pas de régime côté amis, formidable pour le moral et contre le cholestérol (à vérifier). Alors pour mon anniversaire, je me souhaite des amis, des dîners, des verres en terrasse, dire du mal et du bien, rire et déconner, des séries, des bouquins, une baignoire et un mari qui m’apporte des fleurs…. Mais qui m’a apporté ce ravissant bouquet ce matin ?img_2844

Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même et pour m’autodériser ou m’autocélébrer, je me livrerai aujourd’hui, mais aujourd’hui seulement, au plaisir de l’autoportrait. Pas de souci dès demain je reprends ma croisade anti selfies….. chassez le naturel !

PS Merci à tous mes amis et amours pour ce Bon anniversaire. Sans oublier Le Figaro, Darty, la Fnac, l’occitanne, Nuxe, Urban Outfitter, la Redoute… des tonnes de mails qui appellent ma carte bleue aujourd’hui 16 janvier. 

Un petit dernier avant l’année prochaine

« J’écrirais bien un petit papier »…. « un petit papier sur quoi ? Je le lirai… » « Si je l’écris ». Nous sommes dans le métro, direction Gare de l’Est, trois gares en 48 heures, pas mal pour une sédentaire ! Jeanne repart à Strasbourg, une valise aussi lourde qu’elle, un sac acheté à Amsterdam et son sac à dos…. Alors on accompagne notre petite, le coeur un peu serré comme toujours.

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Jeanne et les Sylvanians

Ce matin, elle a laissé, comme d’habitude son set de table, son assiette sale, le jus d’orange…. comme si elle vivait à l’hôtel. Combien de fois, j’ai entendu ce reproche maternel « cette maison n’est pas un hôtel » . Ce matin, j’ai pris ma première résolution pour 2017 et les autres, jamais plus je ne le dirai, même si je le pense (et oui, quand même !).

Ton train a quitté le quai à 16H55, tes gants oubliés sur la table… et tu me manques déjà. Je vais laisser tes traces, la chaise pas repoussée sous la table de la terrasse, l’inévitable bazar organisé de ton bureau, ton linge abandonné dans la salle de bain…. Enfin tout de même je vais éviter le « fétichisme » aveugle de la mère triste. Amour absolu oui, mais humour aussi, sinon au secours mes filles !

La vérité !…. parfois j’ai des manques des filles. Les petites disputes idiotes pour des détails de la vie quotidienne, les calins au milieu de la cuisine, les silences hostiles, mes pétages de plomb imbéciles, les chagrins, les fous-rires… heureusement, tout ça j’en ai profité en « concentré » pendant notre escapade à Amsterdam.

Quatre jours ailleurs qui ont passé à toute allure. Un goût merveilleux de « revenez-y ». J’ai râlé comme toujours, mes premières heures ailleurs sont toujours pénibles, enfin je suis pénible. Désolée Marianne, Jeanne, Clément, Erik…. On a tellement ri ! Une jolie maison avec un rooftop…. Des hôtes très attentionnés. Une douche un peu anémique. Une salle de bains pour cinq, chacun son tour finalement ça marche….. enfin quand Marianne ne passe pas une heure à se faire une beauté (allez ça y est je recommence !). Des musées, des musées encore des musées.

Des canaux, des canaux, encore des canaux.

Des vélos, des vélos, encore des vélos.

Des restaus, des cafés, les boutiques attrape carte bleue de Kalverstraat, les coffee shop…

Samedi 31 Décembre 2016. Jeanne rentre « chez elle » à Strasbourg.

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Jeanne

Marianne doit déjà être chez East Mama pour les réveillonneurs.

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Marianne

Voilà, mes filles, mes pierres précieuses… je vous aime très fort. Le plus beau cadeau de Noël restera sans doute ces belles heures à Amsterdam où vous vous êtes fait faire le même tatouage, les deux soeurs réunies, par un dessin sur la peau…. enfin. Merci à Erik, mon patient mari. Ces filles là valent tous les bijoux du monde !

 

Rendez-vous l’année prochaine. Massage mardi avec ma fille aînée. Fête aux Arts Déco à Strasbourg (notre nouvelle résidence secondaire) en février. En 2017, je me bouge le cul. Je fais ma valise en souriant. J’arrête de dire « ça me fait ch… » ou « je m’en bats lesK…. »  Arrêter de raler ? Non, là, faut pas pousser…. ça fait partie de mon patrimoine génétique. Poil à gratter je suis, poil à gratter je reste. Bonne année ! Amusez-vous, riez de bon coeur, parlez beaucoup, aimez, soyez sages sans excès, prenez soin de vous même si nous ne sommes jamais bien loin, nous les « airbags indestructibles »….  Même si mon coeur sonne un peu creux quand vous vivez votre vie sans nous, je suis heureuse et fière de vous.

 

 

Un fauteuil par bus, pas plus !

4176918800_76afb8cf56_zVendredi 17 heures, nous montons dans le 91 numéro 4583, bus double à soufflet, à Bastille, terminus, direction  Montparnasse, Place du 18 Juin 40. Belle lumière de fin d’après-midi, peu d’usagers même si ce « bus dessert trois gares : Lyon, Austerlitz et Montparnasse ».  Habituellement bondé dès la Gare de Lyon, nous poursuivons notre trajet gentiment jusqu’à Berthollet et, là, c’est le drame !

Comme il est d’usage dans ces circonstances, la porte s’ouvre et la pente douce prévue à cet effet s’abaisse pour permettre l’accès aux fauteuils roulants…. En employant le pluriel, vous ne le savez pas encore, mais là je me plante grave !

unknown-1Deux hommes en fauteuil se succèdent, l’un seul, l’autre accompagné d’une jolie jeune femme brune. La porte à peine franchie « Mesdames, messieurs, le règlement prévoit un fauteuil par bus, pas plus ! » Tout le monde se regarde. Les langues se délient. Les fauteuils ne bougent pas. « Un fauteuil par bus. Il y en a un qui doit descendre. »  Indignation générale. La chauffeuse, car c’est une dame, aboie sans concession. « On verrait bien si vous étiez à leur place ! » crie un jeune homme. « C’est le règlement, si je ne respecte pas je serai sanctionnée. C’est un problème de sécurité ! »  Cinq minutes passent.  « Je vous préviens, je n’avancerai pas tant qu’il y aura deux fauteuils dans ce bus ! » On comprend bien mais « et quand il y a des poussettes » « les parents les surveillent » !!! On voit bien qu’elle monte rarement dans un bus ailleurs que derrière le volant. Près de 10 minutes plus tard « je vais fermer les portes du bus pour dégager le carrefour mais je ne bougerai pas tant qu’il y aura deux fauteuils ». Nous avançons de quelques mètres pour fluidifier la circulation. A l’intérieur, la situation ne bouge pas d’un millimètre. « Vous avez vu le froid et vous trouvez normal de laisser une personne en fauteuil dehors à cause du règlement ! »

unknownAucune compassion, ni gentillesse, ni ton compréhensif de la part de la conductrice. Des aboiements, des ordres, des menaces, elle se déplace jusqu’à la porte « réservée aux handicapés » pour bien montrer qu’elle est maître à bord.

Dix minutes plus tard, le jeune homme seul fait marche arrière à bord de son fauteuil et sort sous nos regards gênés et scandalisés. Le prochain 91 arrive dans cinq minutes… Pourvu que l’espace réservé ne soit pas déjà occupé !

 

 

En revenant de l’expo… les nouvelles icônes de l’art moderne

Jeudi 11 heures, en route avec Dora pour la Fondation Louis Vuitton.Ligne 1 Bastille vers Charles de Gaulle Etoile. Soleil et ciel bleu et une jolie queue devant l’abribus dédié à la Fondation, avenue de Friedland. La navette, minuscule, arrive pour récolter une petite poignée de visiteurs. Patience.

Midi moins cinq arrivée devant l’étonnant bâtiment de Franck Ghery…. trois ou quatre queues désespérantes. Nos réservations à la main, nous passons très vite finalement. Midi entrée et passage obligatoire par le vestiaire et les pipi-room. img_2603

Il y a foule. Nous avançons lentement et admirons les lieux en attendant de pouvoir enfin accéder aux salles. Des reflets, des couleurs, de l’air, de l’eau, de l’espace, de la lumière… l’endroit me fait penser à un poumon géant. Malgré le monde, on respire bien.

Salle 1, présentation du « maître des lieux », Chtchoukine peint par Krohn, un peintre norvégien que je ne connaissais pas, des autoportraits de Cézanne ou de Gauguin… préface à l’exposition. Salle 2 des écrans géants présentent la danse et la musique, avec en vedette Matisse. Salle 3, la salle du Palais Troubetskoi dédiée au sacré, nous fait moins d’effet mais quand même le « chalet dans la montagne » de Courbet.   Salle 4, Claude Monet attire les foules… Impossible d’approcher du Déjeuner sur l’herbe. A la réfléxion, mieux vaut l’admirer de loin. Nous prenons la salle à rebours histoire de voir chaque tableau du  bon côté… jusqu’à la 14, nous prenons chaque salle en sens inverse. Et j’arrête là ma description laborieuse. Vous avez déjà vu l’expo tant mieux pour vous, dans le cas contraire tant mieux pour vous aussi, le meilleur est à venir.

Un homme de Picasso nous suit des yeux. img_2609Des Gauguin nous explosent au visage. Matisse, nous enveloppe dans ses couleurs et en particulier Collioure…. j’en rêve encore.

Eblouies… nous sommes merveilleusement imprégnées . Mais ce qui nous « interpelle » de salle en salle, se déplace de tableau en tableau qui avec sa tablette, son smartphone, ou son appareil photo avec zoom spécial safari en Afrique…. on ne sait jamais si un personnage sautait du cadre. Le Douanier Rousseau, Gauguin, Picasso, Braque, Monet, Signac et tous les autres sont épluchés, photographiés en détail. Un couple organisé : à elle la photo de l’oeuvre, à lui celle de la légende. Une dame en rouge s’installe sur un siège pliant devant l’atelier de Matisse, se fondant presque dans la toile. Ils sont partout. Je grogne contre une femme soudée à son Ipad « ça vous dérange ? » « Oui, ça me dérange que vous passiez devant moi sans rien voir » « Mais je regarde tout de même les tableaux !!! » Pendant quatre heures, on les retrouve d’une salle à l’autre plus ou moins agglutinés selon la réputation du tableau ou du peintre. Les gardiens baillent. Les photographes du dimanche moissonnent et pérorent…. qu’adviendra-t-il de ces souvenirs ? Au rez-de-chaussée, pour quelques euros de plus que le prix de l’entrée, le catalogue (le petit) attend les amateurs.

Les  nouvelles « icônes de l’art moderne » ou les e-con (ne)s de l’art moderne repartiront la tête vide peut-être mais la carte mémoire au bord de l’explosion certainement.