Ton Bac d’abord…

Marie-Christine, photographiée à l'école. Octobre 1960.
Marie-Christine, photographiée à l’école. Octobre 1960.

Des jours et des soirées que Jeanne révise. Chaque minute, chaque instant est consacré à la philo, la littérature, l’histoire-géo, l’anglais et l’espagnol. Rédiger des fiches, les lire à voix haute… Au début, je ne comprenais pas je croyais qu’elle était au téléphone avec une copine. Mais non, elle lit et relit et se désespère. « Je ne retiens rien, je ne sais plus rien…. plus j’apprends et plus j’oublie… » Le même scénario que dans des millions de familles françaises en ce moment. Nous, ses parents sommes impuissants et solidaires… et aussi un peu, c’est la mère indigne qui parle esclaves.  Elle monopolise le salon car sa chambre, pourtant spacieuse, offre trop de distractions et ça, pas question… Ou alors à dose homéopathique.

Avec elle, nous vivons, respirons au rythme du Bac. Demain soir et sans doute les suivants, nous sommes consignés dans notre chambre pour ne pas faire de bruit dans le salon. Privés de télé comme des enfants punis. Quand le bachelier devient le parent de ses parents ! Ca me fait raler mais je comprends et nous regarderons des films sur mon Mac, au lit, pour une fois et autant de fois que nécessaire.

Passer le Bac, je ne sais même pas ce que c’est. Sur ma fiche personnelle à TF1 est précisé : autodidacte. Et oui, je suis Bac moins un, comme je me plais à le dire. Des examens j’en ai passé quelques uns : le brevet obtenu de justesse à l’oral avec la main du prof de maths sur mon genou. Le Bac de français, quand même celui là… A l’écrit : « Les Choses » de Georges Pérec. Je l’avais lu quelques semaines plus tôt, par hasard, chez mes voisins du dessous dont je gardais le petit garçon : Guillaume…. J’avais aussi dévoré d’autres ouvrages chez d’autres parents mais beaucoup moins recommandables pour ce type d’épreuves : Barbarella ou Emmanuelle…. A l’oral, j’avais choisi Victor Hugo et son « Mendiant ». J’ai eu la moyenne mais ma scolarité s’est arrêté net sur ce maigre succès. Ah si j’étais restée en pension la face de mon monde aurait certainement été changé ! Il y a eu aussi le permis de conduire en 1986. Réveillée à 5 heures du matin pour rejoindre à l’heure la Porte de Vanves et le car qui nous amenait à Montléry… Je l’ai eu du premier coup. J’ai même un diplôme de télexiste…. totalement inutile au vingt et unième siècle mais qui m’a permis de réviser ma géographie. A part ça, l’angoisse de la copie vierge, la peur de tout oublier le matin de l’épreuve fatale, je ne connais pas.

Je n’ai jamais connu non plus les éloges des professeurs, comme ceux que j’ai lu avec bonheur sur son tout dernier bulletin.

Alors, même si je ne comprends rien aux pages de philosophie rédigées avec brio par Jeanne, même si j’ai l’impression en ce moment que nous vivons sur des planètes différentes, je suis fière d’elle comme je l’ai été, il y a cinq ans quand Marianne, sa soeur aînée a décroché, même en dilettante, ce foutu Bac.

Alors pendant quelques jours encore, je vais préparer les plats qu’elle préfère à l’heure qui l’arrange. Essayer de raler discrètement et en silence. M’adapter moi qui m’étais jurée que les contraintes plus jamais ! Vas-y Jeanne, on est avec toi même si tu ne t’en rends pas compte et que tu es souvent impérieuse et injuste. Pour célébrer quatorze ans d’école, je te souhaite un feu d’artifice avant le 14 juillet. Je t’aime ma petite bachelière, ma petite abeille….

Jeanne l'abeille et Marianne

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