J’taime plus…. t’es plus ma maman !

Un dicton dit « petits enfants petits soucis, grands enfants, gros soucis »… Je ne suis pas une adepte des dictons et celui-là a toujours sonné à mes oreilles comme une menace proférée par des envieux, de  « pauvres parents » qui en bavaient avec leur progéniture…. Finalement ça n’arrive pas qu’aux autres.

ID avec filles

Marie-Christine, Gisèle et Prune (1965?)

Les soucis c’est concret, presque mathématique et jamais insoluble. Comment entrer dans le cercle très fermé, quasi « franc-maçonnique » des « mères idéales ». Celles qui sont là mais à peine, discrètes, efficaces, effacées juste ce qu’il faut… pas encombrantes. Celles qui, comme les chefs patissiers, dosent au gramme près leur relation mère-fille. Je ne sais pas. Je réussis mieux mes gateaux que mes conversations avec mon « aînée »…. au fouet électrique près.

Elle avait trois ans à peu près, à Monoprix, j’avais refusé de lui acheter un petit truc (j’ai oublié quoi) et la petite fille, toute petite avait piqué une jolie colère à la caisse du magasin hurlant : j’taime plus… t’es plus maman, chu plus ta petite fille. Les clients surpris souriaient pour certains, me regardaient d’un drôle d’oeil pour d’autres…. Pendant une poignée de minutes, nous étions donc devenues « deux étrangères »….

Marianne, enfant.

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Si je fais une petite check list après un peu plus de deux décennies : amour, rires, affection, argent, dépannage, lavage du linge, encouragements, écoute…. j’oublie certainement, forcément des « détails essentiels » mais honnêtement, je ne vois où je pêche…. Résultat : dialogue de sourdes (c’est déjà ça),  incompréhension totale sur cette « bande de Gaza » familiale. Je ne vois aucune négociation de paix à l’horizon… pas de Camp David, nada, que dalle. En fait ce que j’oublie c’est l’aveuglement, celui provoqué par l’amour, justement. Celui qui place, sans qu’il n’ait rien demandé, l’être aimé sur un piedestal. Une définition de l’enfant roi que Françoise Dolto aurait peut-être validée.

Tout va bien dans sa jolie vie : 23 ans, un amoureux charmant, un deux pièces offert par ses parents, quatre années gachées dans une école de com’ c’est vrai et trois ans en pension… Mais une nouvelle année de cours d’art pour devenir…. et pourquoi pas : tatoueuse. Un boulot de serveuse où elle excelle. Mais non ça ne va pas, c’est pas assez ! Elle mélange tout et je me perds dans ses reproches : tu aurais pu venir nous aider pour les travaux….  Menaçante : son père travaille toute la semaine et il a monté la cuisine tout seul. Tu ne t’intéresse pas aux travaux que je fais chez moi. Je ne savais pas que c’était si urgent. J’éviterai soigneusement de rappeler que nous avons déballé nos dizaines de mètres cube de cartons tout seuls il y a deux ans et qu’à l’époque MOI AUSSI  je travaillais. Que j’ai vécu à 19 ans dans 18 mètres carrés, puis dans 33 (le luxe) sans l’aide de personne….. Là je déclencherai un séisme… Le tsunami n’est déjà pas si loin.

Alors j’accepte de prendre en pleine figure tous les reproches : Sa vie de merde, Son travail crevant, Sa cuisine mal installée, l’absence de ma perceuse ou mon absence tout court, mon « indifférence ». Les parents et toute la famillede son amoureux beaucoup plus concernés eux…Tu n’as vraiment pas de chance d’avoir des parents aussi dégueulasses ma pauvre chérie. Franchement j’ai honte pour toi. A 23 ans, tu es propriétaire d’un charmant deux pièces avec balcons, mais ta vache de mère a toujours refusé de t’offrir un lave-vaisselle ! Abominable ! Et en plus, elle se trouve marrante de t’apporter un jour d’humour, une paire de gant en latex et du palmolive vaisselle ! Vache et même pas drôle.  histoire+lave-vaisselle

A 23 ans, c’est vrai je ne pensais ni à un lave linge et encore moins à un lave-vaisselle et j’ai supporté sans me poser de questions, que les affaires de mon jules passent un moment dans un carton ou une valise, pourvu qu’il vive avec moi….

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Mais ça c’était avant, au vingtième siècle, à l’époque où les enfants n’auraient jamais osé dire à leurs parents d’aller se faire foutre… le F. word.

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