Merci qui ? Merci Mamie !

images « C’est comme ça que tu me remercies d’avoir passé l’après-midi avec toi »…. Cinq heures de l’après-midi, Square Trousseau, elle traîne deux petites filles de quatre cinq ans, grand maximum, par la main. Elle, elle doit avoir mon âge, celui d’être grand-mère, mais à cet instant précis, ni l’art ni la manière. Les gamines la regardent sans comprendre. Je me mets à leur place et quelques mètres plus loin… j’éclate de rire toute seule. Ben oui, merde, quand même un petit machin de quatre ans devrait se prosterner devant son aïeule qui sacrifie son précieux temps à se mettre « au niveau » des « pas charmants petits monstres » au lieu d’aller au bistro avec ses copines. J’invente car je ne connais pas la racine de ce moment d’humeur sans doute passager…

Longtemps, trop longtemps après, Marianne ma fille aînée m’a raconté par petites touches les drôles de mercredi ou les « vacances à Trouville » avec ma mère, sa grand-mère donc et ça m’a fait de la peine et foutue en colère… trop tard. Je sais trop bien que la relation grand-mère/petits enfants n’est pas plus innée que l’amour maternel. Ca se tricote, ça ne se commande pas et puis, ne rien attendre jamais d’un enfant qui vit dans l’instant. Je ne suis pas grand-mère (enfin il paraît que si mais je n’ai jamais rencontré ce petit garçon…. Album015C’est la vie qui ne s’est pas tricotée dans ce sens là) mais je vois ça comme un échange, une rencontre, des moments d’affection,  pas comme une obligation ni un devoir.

P1070067En son temps, ma mère me l’a assené « c’est comme ça que tu me remercies alors que je prends Marianne…. puis Jeanne…. tous les mercredis » le verbe PRENDRE m’a fait sursauter. Prendre ! Accompagner, passer une journée, partager…. mais prendre un enfant (à part par la main), comme on prend un paquet à la consigne. Je l’ai fait pour te dépanner…..Je n’avais rien demandé mais je rêvais encore, naïve, que la relation « Mamie-petite fille » c’était celle de tous les OUI, y compris aux bêtises, un peu comme celle que j’avais adolescente avec la mère de ma mère…. ma drôle de complice. Marie et Mamie 70

Dommage pour ma mère qu’elle se soit cru obligée de remplir un rôle de grand-mère », plutôt que de s’amuser… Je ne lui en aurai jamais voulu de ne pas PRENDRE mes petites blondes le mercredi ou à Trouville l’été.

C’est vite fait de faire de la peine à un enfant (qui nous le rend bien parfois, c’est vrai…) mais ça n’en vaut pas la peine. Les deux petites brunettes du Square Trousseau auront sans doute oublié la saute d’humeur de leur mamie en dégustant leurs coquillettes jambon au beurre ce soir…. Tant mieux, les mauvais petits souvenirs d’enfance ne valent pas qu’on les collectionne mais tout le monde n’a pas la chance d’être amnésique…. ni d’être né orphelin comme disait Jules Renard.

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