Sois mère et tais-toi ou la faute des mères !

Des petits pas pressés, des « Mamaaaaan ! » joyeux alors que j’ai à peine tourné la clef dans la serrure… des petits « lémuriens » qui s’accrochent à mon cou pour m’étrangler d’amour… Une journée sans toi Maman ! Une journée au bureau sans vous mes petites merveilles ! Des sourires édentés, des sourires tout en dents de lait, des sourires timides cachant les dents perdues puis les bagues….. C’est tous ces petits plaisirs quotidiens qui me faisaient rêver … de devenir mère.

Je ne me voyais pas du tout sur l’autel du sacrifice même si je savais, sans vouloir me l’avouer, qu’il me faudrait tout de même faire quelques petites concessions.En plus de trente ans, dont une bonne quinzaine en enfance et adolescence, j’avais mes petites habitudes et mon (mauvais) genre. Roter, loucher, dire des gros mots (des vraiment très gros parfois… souvent… Merci Papa !). Fumer, boire et même les deux en même temps. Porter des mini-jupes, des shorts, des vestes d’homme achetées dans un surplus de la rue de Chartres à Neuilly (la première venait de chez Renoma, un cadeau de Noël de ma grand-mère pour mes 19 ans) enfin, je m’égare comme d’habitude. Mais bref m’habiller comme une mère digne de ce nom, que l’habit fasse le moine finalement.

Ca me turlupinait vraiment d’avoir à changer pour entrer, croyais-je, dans un moule à mère. Et puis il y a eu Marianne. Dès sa naissance c’est ce petit bout de fille qui m’a appris sans effort qu’être mère n’a rien à voir. Et cinq ans plus tard, Jeanne me l’a confirmé. Rien à voir avec les jupes courtes, les cigarettes… Mère c’est tout simplement (enfin pas si simple que ça tout de même) une rencontre et une relation à tricoter au fil des jours…. pour le meilleur et quelques fois pour le pire.

Il y a des jours où elles me trouvent belle, je sens bon, je suis la meilleure maman du monde et d’autres où je ne suis pas cooool, je chante du Claude François et ça craint !, je leur fais un peu honte…. Et là, vlan, je rapetisse et me rappelle mon embarras quand ma mère s’amusait, dansait au bal du 14 Juillet place des Lices ou faisait la folle avec ses amis… Une fois passé la crise de la « mère parfaite », tout rentre dans l’ordre ou dans un joyeux désordre et je reprend mes esprits. Dès leur naissance mes filles mènent leur vie, moi la mienne. Je les aime et les accompagne aveuglément.

Petites, elles posent des questions à tout bout de champ alors tu te sens le droit de faire pareil. Elles veulent une histoire avant de dormir, moment de bonheur parfait. Je peux les accompagner à l’école et mieux encore, car plus rare, venir les chercher. Organiser des goûters d’anniversaire avec gateaux, cadeaux et déco qui vont bien. Devenir « Maman correspondante »… L’époque délicieuse des bébés, de la maternelle et enfin de l’école primaire n’a qu’un temps, je le sens vaguement alors qu’arrive sans prévenir, même quand l’aînée sert de modèle, le virage fatal du collège… celui où les parents deviennent « interdits de stationner » sous peine de honte. A partir de cette limite, je suis priée de « frapper avant d’entrer », d’oublier la sortie de l’école et autres petits bonheurs hebdomadaires.

Trop grandes pour moi et ce n’est qu’un début. La suite se passe de ma compagnie mais avec les copains et copines. C’est leur vie. L’apprentissage du détachement, du coupage de cordon est en marche… Même si, même si (mais on ne t’a rien demandé !) je remplis le frigo avec amour et cuisine toujours avec plaisir mais pour une clientèle toujours gourmande mais plus confidentielle.

La fête des mères finalement c’est tous les jours de leur vie et de la mienne jusqu’à dix, onze ans, grand maximum. A mon tour aujourd’hui de reprendre ma liberté pour qu’elles profitent de la leur… juste histoire de les laisser respirer sans tenir leur petite main, comme avant, sans poser de questions ou pas trop, éviter d’être « lourde ». Je passe du statut de mère à temps complet au CDD maternel… mais même à « temps partiel », mère je le suis à perpétuité depuis le 22 septembre 1992 et je ne ferai jamais appel de ce verdict.

Alors en ce jour « imposé » de la fête des mères je voudrais remercier en premier Erik qui m’a donné ces deux très jolies filles.  Marianne et Jeanne mes filles et ma mère qui sans le faire exprès  m’a appris à être à mon tour, une mère plutôt passable mais j’espère fréquentable.

 

 

 

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